À Saméon, la plupart des habitant·es luttent contre l’implantation d’une antenne relais de l’opérateur Free.

Tout a débuté en juillet 2018, lorsque le maire de Saméon (Nord) est saisi d’une idée saugrenue : informer ses administré·es d’un projet d’implantation d’une antenne de téléphonie mobile. Il en profite même pour leur faire part de sa position personnelle : il y est opposé. Selon l’édile, cette construction souhaitée par l’opérateur Free nuirait au paysage et détruirait la ruralité.

Il faut dire que le pylône doit s’élever à 45 mètres de haut – autant que la statue de la Liberté, sans le socle -, soit 17 mètres de plus que le clocher du village. Et puis, il y a la puissance prévue pour cet équipement : l’antenne doit irradier la zone dans un rayon de 25 kilomètres, ce qui nécessite une puissance de 40 W. «C’est énorme», indique Thierry Hot, qui préside l’Association pour la protection de la ruralité et de l’environnement à Saméon (Apres). D’autant plus énorme que «la crèche du village, par exemple, se trouve à 478 mètres du lieu prévu pour l’implantation de cette antenne».

« Une première qui pourrait faire jurisprudence »

Thierry Hot et une poignée d’habitant·es vont donc se renseigner plus précisément sur le projet, entrer en contact avec des associations comme Robin des toits et Priartem pour mieux appréhender la problématique des ondes électromagnétiques, puis faire part de leurs découvertes aux autres Saméonien·nes. «On a mis en place un groupe de prospecteurs qui sont allés ratisser le village avec un dossier sous le bras. On ne faisait pas de catastrophisme, on donnait juste des informations très précises aux habitants.»

L’opérateur, de son côté, attaque la commune devant le tribunal administratif. Lequel donne finalement raison au maire en estimant que l’antenne porterait gravement atteinte au paysage de Saméon. «Une grande première, qui pourrait faire jurisprudence !», se réjouit Thierry Hot. L’Apres compte aujourd’hui 500 adhérent·es – dans un village de 1600 âmes.

Le 2 février, une manifestation pour dire «Non à l’antenne Free» a rassemblé 200 personnes malgré la pluie. Une banderole de 14 m² est déployée sur le clocher car la bataille se poursuit. Une pétition en ligne est lancée : l’opérateur s’est pourvu en cassation.

NB

Cet article est directement extrait du n° 141 du journal L’âge de faire. Monté en Scop (société coopérative), ce mensuel appartient à ses seul·e·s sept salarié·e·s (pas de Xavier Niel ni de Matthieu Pigasse parmi eux…), refuse la publicité et n’est affilié à aucun parti politique ou autres organisations. C’est cette indépendance qui lui permet de traiter aussi librement le sujet de l’électrohypersensibilité que celui des OGM ou du nucléaire. Pour permettre à cette presse libre et indépendante d’exister, un seul réflexe :

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