Scotché à sa tablette...
ondes électromagnétiques

À NOËL, LES TABLETTES, C’EST UNIQUEMENT EN CHOCOLAT

Rattrapée par l’actu : notre nouvelle chronique, à paraître dans L’âge de faire, déplorait que le décret imposant l’affichage du DAS sur tous les appareils radioélectriques ne soit pas mis en application. Un an et demi après sa mise en consultation, il vient d’être publié au Journal officiel.

Piqûre de rappel à l’approche de Noël : il convient de bien réfléchir avant d’acheter une quelconque tablette ou autre objet connecté à un enfant. L’un des leaders du secteur – Vtech, pour ne pas le nommer (et dont nous parlions déjà ici) –, ne manque pourtant pas d’arguments pour vous amadouer et vous faire acheter l’un de ses produits connectés destinés aux plus jeunes.

Ses tablettes permettent en effet de télécharger «plus de 2000 applications […] spécialement développées pour les enfants de 6 à 12 ans : lecture, écriture, développement du langage…». Des simili-smartphones sont même proposés aux enfants dès 4 ans. Et bien sûr, les mômes peuvent ainsi apprendre plein de choses en toute sécurité, puisque ces appareils ne se connectent pas aux réseaux de téléphonie mobile. Alors pourquoi ne pas acheter ?

Commençons par la question des ondes, auxquelles les enfants sont particulièrement sensibles (nous aborderons le côté «pédagogique» dans notre prochaine chronique). Certes, ces tablettes ne se connectent pas à la 4G, mais bel et bien au réseau wi-fi. Leurs utilisateurs sont donc exposés à des ondes, dont on ne peut néanmoins pas connaître précisément le niveau : si la réglementation oblige les constructeurs à afficher le DAS (débit d’absorption spécifique) sur les téléphones portables, ce n’est pas le cas pour les appareils radioélectriques.

La seule information disponible

Sur recommandation de l’Anses, un décret prévoit cette extension de l’affichage, notamment aux équipements «destinés à être utilisés à proximité ou par les enfants (tablettes tactiles, veille-bébés, etc.)». Le texte reconnaît que, «en termes de santé publique, la mesure est justifiée car le DAS est, à l’heure actuelle, la seule information sur l’exposition aux champs électromagnétiques pouvant être fournie au consommateur».

Mais voulons-nous vraiment être informés sur la dangerosité des gadgets que l’on met entre les mains de nos marmots ? Pas sûr, estime apparemment le gouvernement, qui a tenu, pour le coup, à demander son avis à la population. Le projet de décret a donc été mis en consultation publique. Un an et demi plus tard, alors que les contributions ne sont plus acceptées depuis le 18 mai 2018, le décret n’est toujours pas mis en application, et le DAS n’apparaît donc pas sur la boîte des joujoux (avec un x comme choux, genoux, cailloux, bijoux, hiboux et poux. Une petite révision ne nuit jamais – surtout qu’il a été prouvé que votre cerveau retiendra mieux la liste en l’ayant lue sur du papier plutôt que sur une tablette).

[Ajout de dernière minute : le décret vient enfin d’être publié au journal officiel, comme l’indiquent diverses associations qui se réjouissent de cette avancée. Acheter des tablettes aux enfants n’est pas recommandé pour autant… Comme le précise ce communiqué de presse, l’obligation faite aux constructeurs n’entrera d’ailleurs en vigueur qu’à partir de juillet prochain 2020.]

Nicolas Bérard

Cet article est extrait
du nouveau numéro de L’âge de faire.
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