5G ondes électromagnétiques

RAPPORT DE L’ANSES SUR LA 5G : UN DOC QUI NE VAUT RIEN

L’Anses a, comme promis, remis un rapport sur les effets de la 5G sur la santé. Très attendu, ce document n’apporte pourtant absolument rien au débat.

«5G : pas de risques nouveaux pour la santé au vu des données disponibles». C’est le titre du communiqué de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), au sujet du rapport rendu public ce mardi 20 avril. Bien évidemment, les promoteurs de la technologie n’ont retenu que le titre, et encore, qu’une petite partie de celui-ci : «pas de risques ».

Et pourtant, décortiquons-le : il indique qu’il n’y a pas de «risques nouveaux», et donc que les risques déjà connus restent valables. Et cela «au vu des données disponibles». Or, une lecture attentive des 240 pages du rapport nous apprend justement qu’il n’existe quasiment aucune donnée !

La bande 700 MHz ? «Les données scientifiques concernant spécifiquement cette bande sont pratiquement inexistantes». Et la bande 3,5 GHz ? «Les données sont insuffisantes pour conclure à l’existence ou non d’un effet biologique, physiologique voire pathologique». Voilà l’agence bien mal partie pour pouvoir conclure à quoi que soit.

DIRE TOUT ET L’INVERSE

Afin de pondre son rapport, elle s’est donc demandé si elle pouvait extrapoler à la 5G les résultats des études portant sur d’autres bandes de fréquences. Pour cela, elle a sélectionné une palanquée d’études réalisées sur plusieurs bandes de fréquences à la fois et concluant à des effets sur la santé. Et pour le coup, la lecture de toutes ces études n’a rien de rassurant…

Mais l’Anses ne les utilise que dans le but de savoir si les effets observés avec la fréquence A sont à peu près les mêmes qu’avec la fréquence B, et seraient donc probablement les mêmes pour des fréquences C ou D.

Et là, l’Anses devient parfois tout simplement lunaire, se montrant capable de dire tout et son contraire en l’espace de deux phrases. Lisez celle-ci, par exemple : «la première conclusion est qu’il ne paraît pas possible, à l’heure actuelle, d’extrapoler des résultats d’études scientifiques à des fréquences différentes, même proches, pour en tirer des conclusions sur les effets biologiques, physiologiques et a fortiori sanitaires éventuels dans la bande 3,5 GHz voire 700 MHz, très peu étudiée également. Au final, il n’est pas attendu d’effets biologiques, physiologiques ou sanitaires des signaux à 700 MHz ou 3,5 GHz qui différeraient grandement de ceux observés précédemment à des fréquences proches.»

La seule explication de texte que nous ayons à proposer : la première phrase a été écrite par les scientifiques de l’Anses, et la seconde par les startupeurs du gouvernement.

Nicolas Bérard

Cet article, offert ici gratuitement, est directement extrait du dernier numéro du mensuel L’âge de faire. Ce journal papier a besoin de lecteurs et de lectrices pour survivre et défendre son indépendance. Alors, si notre travail vous plaît, aidez-nous, abonnez-vous !