5G smart city

MACRON ET LA 5G : UN JOKER DANS LA MANCHE

Alors qu’il avait promis de prendre en compte toutes les propositions de la convention citoyenne, il semblerait bien qu’Emmanuel Macron fasse (aussi) l’impasse sur celle qui consiste à déclarer un moratoire sur le déploiement de la 5G.

Sur le papier, l’initiative de la Convention citoyenne pour le climat était plutôt enthousiasmante. Elle consistait à réunir 150 citoyen·nes, tiré·es au sort, et à les faire bûcher pendant neuf mois. In fine, il fallait accoucher d’une «série de mesures permettant d’atteindre une baisse d’au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 (par rapport à 1990) dans un esprit de justice sociale».

Pour la 5G, tout cela ressemblait à un cadeau du ciel ou, du moins, de Jupiter. Car justement, les citoyen·nes n’ont pas oublié de parler du réseau sans fil de cinquième génération : l’une de leurs 149 propositions consiste à «instaurer un moratoire sur la mise en place de la 5G en attendant les résultats de l’évaluation de la 5G sur la santé et le climat». Pas moins de 98% des membres de la convention soutenaient cette proposition.

Un contrat moral ?

Le 29 juin, les 150 étaient reçus par le président dans les jardins de l’Élysée. Emmanuel Macron a encore juré à cette occasion qu’il irait «au bout de ce contrat moral», en transmettant toutes les propositions. Toutes, «sauf trois d’entre elles», trois «jokers» que s’est finalement accordés le chef de l’État. Ces trois jokers portent sur l’instauration d’une taxe de 4% sur les dividendes, la limitation à 110 km/h sur autoroute et la modification du préambule de la Constitution.

Mais pas de 5G là-dedans. Alors, l’idée d’un moratoire sur le déploiement de ce réseau allait-elle être soumise à référendum, au vote du Parlement ou, mieux encore, à application réglementaire directe? Rien de tout ça!

Au lendemain de ce petit raout, le député François Ruffin questionnait la secrétaire d’État, Agnès Pannier-Runacher : l’attribution des fréquences, prévue fin septembre, allait-elle bien être repoussée, conformément à la proposition de la Convention? Réponse de l’intéressée : non, et tant pis pour la Convention citoyenne. Et tant pis aussi pour la parole présidentielle!

Il n’est pourtant pas encore certain que ces enchères puissent avoir lieu à la date prévue : les associations Agir pour l’environnement et Priartem ont fait appel au Conseil d’État pour demander un moratoire en attendant que soient réalisées des études d’impact environnemental et sanitaire sur ce réseau. La décision devait être rendue durant l’été. Elle se fait attendre. Espérons au moins qu’elle soit rendue avant le 20 septembre, date de lancement des enchères.

Nicolas Bérard

Toujours disponible,
pour tout savoir sur la 5G :

Un co-édition Le passager clandestin / L’âge de faire, 235 pages, 14 euros (+1 euro de frais de port).
À commander ici.