Une évaluation sanitaire de la 5G est prévue non pas avant, mais pendant l’expérimentation de ce nouveau réseau. Bonne nouvelle pour les rats de laboratoires : les observations se feront directement sur les humains…

«Être en retard sur la 5G n’est pas une option.» Dans la droite ligne du gouvernement, le président de l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des Postes), Sébastien Soriano, pose ainsi les bases du débat : il n’y a pas de discussion possible. La «feuille de route ambitieuse» établie par le gouvernement et l’Arcep prévoit que le déploiement commercial de la 5G soit lancé dans au moins une grande ville dès l’année prochaine – quand bien même la technologie n’est pas encore tout à fait au point, et ses effets sur la santé des être vivants (humains compris) inconnus.

Car la 5G devrait, et c’est incroyablement important, «démocratiser le streaming de vidéo 3D à 360 degrés, donner accès aux utilisateurs à une large quantité de contenus vidéo avec une qualité supérieure à la très haute définition (!) et permettre le développement d’applications de réalité virtuelle ou augmentée». Ça, c’est pour séduire les citoyen·nes.

Mais c’est surtout pour l’industrie que la 5G pourrait constituer un tournant majeur. Ainsi, «le saut de performances technologiques permis par la 5G devrait affecter de nombreux secteurs industriels : l’automobile, les transports, l’énergie, les villes intelligentes, la télémédecine, l’agriculture, la sécurité publique, ou encore la réalité virtuelle».

Des antennes dans le mobilier urbain

Dans cette optique, l’État veut tout mettre en place pour simplifier l’action des opérateurs, qui n’a pourtant jamais été très entravée par la réglementation. Seule la loi Abeille leur imposait quelques précautions. Ils devaient par exemple respecter un délai de deux mois destinés à l’information et la concertation du public avant d’installer une nouvelle antenne relai.

Ce n’est plus le cas depuis le vote de la loi Élan (Évolution du logement et aménagement numérique), le 12 juin 2018. Le gouvernement, habitué a faire tout son possible pour plaire aux opérateur, va aussi se mobiliser pour leur faciliter l’accès au mobilier urbain : Abribus, panneaux d’affichages, poteaux électriques, etc.

Et la santé, dans tout ça ? C’est prévu. L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et l’ANFR (Agence nationale des fréquences) devront «examiner l’exposition aux ondes électromagnétiques et l’impact éventuel de ces nouveaux développements technologiques, dès la phase d’expérimentations».

Ce n’est donc pas avant l’expérimentation que se posera la question sanitaire, mais bien pendant. Les citoyen·nes serviront de cobayes, notamment les habitant·es de Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux, Grenoble, Belfort, Lannion, Nantes, Sophia-Antipolis, Douai. La démarche est donc la suivante : on fait, et on verra bien ce qu’il se passe. Puisqu’on vous dit qu’on n’a pas le temps !

NB

Article extrait du journal L’âge de faire n° 142.

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