5G ondes électromagnétiques

LE BRUIT DE FOND QUI GROSSIT

Combien de personnes souffrent des ondes électromagnétiques aujourd’hui ? Combien en souffriront demain ? La question est ouverte. Et les témoignages abondent.

Le 10 mai, une quarantaine de personnes EHS s’étaient rassemblées dans un bout de forêt du Morbihan, au Faouët, pour chercher des moyens d’agir. Des personnes assez âgées, des jeunes, des hommes, des femmes, diplomé·es ou non… Tous les profils étaient représentés, attestant que personne n’est à l’abri de développer une sensibilité aux ondes.

«Je vivais normalement, et ma santé a commencé à se dégrader, a par exemple témoigné Jade*, la vingtaine. Je n’arrivais plus à me concentrer, il m’était devenu impossible de visionner un film en comprenant ce que je regardais. Je perdais le fil de ce que je faisais, comme si j’étais atteinte d’Alzheimer.»

Elle finit par faire le lien avec les ondes après avoir rencontré, par hasard, une personne EHS. Depuis, elle a trouvé un logement temporaire relativement protégé, où elle peut reprendre des forces. Combien de temps avant d’être rattrapée par une antenne ? «Je suis d’un tempérament joyeux, je positive tout le temps. J’aimerais juste pouvoir vivre normalement.»

MAL CACHÉ…

En dehors de ces réunions, les témoignages se multiplient également au hasard des rencontres. Élise*, retraitée, a dû déménager, quitter la ville pour la campagne où elle est moins exposée. Son mari la soutient mais, socialement, son électro-hypersensibilité passe mal : «Certains comprennent, d’autres me prennent pour une folle.» Elle rencontre pourtant régulièrement des gens qui, comme elle, souffrent de la pollution électromagnétique.

«Un jour, nous avons dû faire venir un plombier à la maison. Je lui ai demandé d’éteindre son portable en lui expliquant pourquoi. Il nous a alors raconté qu’il avait des jumeaux, de 5 ans, dont l’un est EHS. C’était un grand costaud, mais il s’est mis à pleurer en nous racontant ce que vivait son fils, qui est par exemple obligé, à l’école, de faire la sieste dans une salle à part, isolé de ses petits camarades.»

Dans les Monts d’Arrée, (Finistère), Louis* fait partie d’un collectif de lutte contre l’implantation d’une antenne. «On a cherché à rameuter le plus de gens possible, donc on a contacté tout le monde, y compris un voisin qui n’est pourtant pas du tout sur la même ligne politique que nous. Et là, surprise, il nous a dit qu’il nous aiderait, parce que sa femme était électro-hypersensible. On l’ignorait totalement.»

Ces témoignages, qui surgissent de nulle part, pourraient montrer, un, la difficulté qu’ont les personnes atteintes à parler ouvertement de leur problème, deux, une montée en puissance à bas bruit de l’électrohyper-sensibilité. Il est à craindre que ce mal finisse par exploser au visage des autorités, qui tentent encore de l’ignorer.

NB

* Ces témoignages ont été recueillis lors de discussions à bâtons rompus. N’ayant pas demandé leur autorisation aux personnes pour publier leurs témoignages, j’ai préféré utiliser des prénoms d’emprunt.

Cet article est extrait du numéro de juin 2022 du mensuel L’âge de faire. Aidez-nous à poursuivre notre travail : pour 28 euros par an,
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