Le 5 mai, à Autrans en Vercors, est organisée une grande chaîne humaine contre le Linky. Un peu partout en France, des citoyens s’organisent pour mener une « guerre asymétrique » contre ce compteur et son monde.

Lundi 16 avril, à Sausset-les-Pins (13). Ce jour-là se tient une réunion publique sur le compteur Linky. Environ 300 personnes, la salle est archi-comble. « Je ne devrais pas le dire, mais niveau sécurité, on est même un peu juste », reconnaît le maire, avant de passer la parole à un représentant d’Enedis. Laurent Méric, c’est lui, explique alors, sans convaincre personne, les divers intérêts du Linky, qu’il classe en deux catégories : les prétendus avantages individuels, et les supposés avantages… « supra-individuels » ! On l’aura compris, dans le monde du Linky et de la novlangue qui l’accompagne, il n’existe point de « collectif » ou d’ « intérêt général », mais une addition d’intérêts individuels.

N’en déplaise à Enedis, la lutte contre ce compteur et son monde, elle, est bien collective. La com’ de l’entreprise est ainsi quasi-systématiquement contrée par des citoyens mieux informés qu’ils ne le devraient. Risques sanitaires, atteinte à la vie privée, instrumentalisation de la transition énergétique… Plusieurs centaines de collectifs se sont créés et mènent ce que les militaires appelleraient sans doute une « guerre asymétrique » face au déploiement « en taches de léopard » organisé par l’électricien : cadenassage des compteurs, bataille juridique et médiatique, réunions d’information, lobbying auprès des maires pour qu’ils·elles se prononcent contre le compteur… Quelque 600 communes ont déjà pris des mesures pour refuser le Linky sur leur territoire, chiffre en progression constante, malgré les pressions exercées par les préfets.

Et les collectifs commencent, eux aussi, à se regrouper par département ou par région. À Sausset, par exemple, c’est le collectif (de collectifs) anti-Linky des Bouches-du-Rhône qui a pu donner la réplique aux commerciaux d’Enedis. En Rhône-Alpes, les groupes de l’ex-région se sont également regroupés pour avoir plus de poids et de visibilité. C’est dans cet esprit qu’ils organisent la grande chaîne humaine contre le compteur communicant et « pour un monde avec contact » sur le plateau du Vercors, le 5 mai. S’y tiendront aussi des réunions d’information sur l’autonomie énergétique, les dangers du big data, le développement de « la voiture nucléaire »

NB

> Chaîne humaine contre Linky et les capteurs communicants, le samedi 5 mai, de 11 à 18 heures, à Autrans et Méaudre-en-Vercors. RDV sur le parking des pistes de ski alpin.

> De multiples actions sont prévues ce samedi 5 mai, notamment une autre chaîne humaine à Épinal (88).

 

Cet article est extrait du numéro de mai 2018 du journal L’âge de faire.