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ANTENNES RELAIS : AU SECOURS !

Pour imposer une technologie, rien de tel que de parler de santé, de culture ou de sécurité. En ne sélectionnant évidemment que les données qui vont dans la direction souhaitée.

Les membres du collectif anti-antenne à Ailhon (Ardèche) ne ménagent pas leurs efforts pour faire annuler un projet d’implantation d’antenne-relais dans leur village de 560 âmes. Après avoir appris – fortuitement, comme souvent – l’existence de ce projet, ils ont créé leur collectif, lancé une pétition, effectué un sondage (résultat : 63 % des sondé·es se sont déclaré·es opposé·es à l’antenne), organisé une réunion d’information, alerté les médias locaux… Mais, rien à faire, ils n’ont obtenu aucune réponse, ni des services de l’État, ni du maire de la commune, auquel il a été demandé d’organiser un référendum local.

L’édile n’a pas donné suite à ce souhait et estime ne pas être responsable en matière d’infrastructures de télécommunication – ce en quoi il n’a pas tout à fait tort. Mais il précise tout de même, dans les colonnes du Dauphiné Libéré : «Dans l’intérêt général de la commune, je ferai tout mon possible pour que cela puisse se réaliser, car notre territoire est confronté à un véritable problème de sécurité.»

UNE ANTENNE POUR SAUVER NOS GENOUX

En cause : il est difficile, dans certaines zones, de capter le réseau pour prévenir les secours en cas d’accident. Un discours que l’on entend de plus en plus souvent pour justifier l’implantation d’antennes dans des zones reculées, qui parfois ne comptent pas le moindre habitant. Oui, mais si Jojo se pète un genou en pleine forêt et ne peut pas appeler les secours, et qu’il finit par crever de faim sous un arbre, hein, t’y as pensé à ça ?!

On sent bien qu’il y a quelque chose d’absurde dans ce raisonnement. Mais aussi quelque chose de malhonnête. Car, à ce compte, nous pourrions également très facilement justifier les incendies d’antennes au nom de la sécurité des personnes.

Prenons la sécurité routière, par exemple. L’utilisation d’un téléphone au volant, qu’il soit tenu en main ou utilisé avec un kit mains libres, multiplie par trois le risque d’accidents. Lorsqu’on lit un message (mail, sms, réseaux «sociaux»…), ce risque est multiplié par vingt-trois. Au final, sur la route, environ 10% des accidents corporels sont liés à un appel téléphonique. Cela pourrait représenter, en France, quelque 278 mort·es pour la seule année 2020. Pas certain qu’il y ait annuellement autant de gugus qui se pètent un genou en pleine nature.

Nicolas Bérard

Extrait du numéro de mars 2022 du mensuel L’âge de faire.

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