Enedis-ErDF et les installateurs vous jurent que vous n’avez pas le choix. Malheureusement pour eux, il existe de multiples façons de combattre ce grand projet inutile et imposé, car en démocratie, aucune lutte légitime ne doit demandé d’autorisation avant d’être menée.

 

Individuellement :

COMPTEUR PLACÉ À L’INTÉRIEUR DU LOGEMENT

Les choses sont assez simples : n’ouvrez pas votre porte lorsque l’installateur viendra ! Le seul risque, c’est qu’Enedis-ErDF ou l’un de ses sous-traitants vous harcèle pour fixer un nouveau rendez-vous, en jurant leurs grands Dieux que vous n’avez pas le choix, que vous risquez une amende ou même un procès. Jusqu’à preuve du contraire, cela est faux. Un député avait tenté d’instaurer une pénalité de 1500 euros pour les clients récalcitrants, mais cet amendement n’a pas été retenu.

Si vous en avez assez d’être harcelés, vous pouvez donc opter pour la méthode, assez séduisante, de l’association Robin des toits : acceptez de fixer un rendez-vous mais n’ouvrez pas plus votre porte la seconde fois que la première. Selon l’association, ils finissent par abandonner au bout du 3e rendez-vous « manqué ». C’est un peu vache pour les installateurs, mais ils finiront peut-être par se retourner contre leur employeur ! Si les appels ne cessent pas, vous pouvez aussi porter plainte contre l’entreprise : le harcèlement téléphonique est répréhensible. Pour assurer vos arrières sur le plan juridique, il peut être utile de mener en parallèle les démarches destinées aux personnes dont le compteur se trouve à l’extérieur, qui sont décrites ci-après.

COMPTEUR PLACÉ À L’EXTÉRIEUR DU LOGEMENT, DANS LA RUE, DANS LA CAGE D’ESCALIER, UNE VOIE PRIVÉE FACILEMENT ACCESSIBLE…

Soyons clairs dès le début : aucune des démarches que nous allons exposer maintenant ne vous épargnera à coup sûr du Linky. Cela dépendra des dernières consignes données par Enedis-ErDF aux installateurs, et à la personnalité de ces derniers – surtout que leur employeur a prévu des primes en fonction du pourcentage de compteurs posés… Au sujet de ces sous-traitants, les témoignages sont très divergents : certains n’insistent pas, d’autres ne veulent au contraire rien entendre, d’autres reviennent à un autre moment de la journée pour faire discrètement le travail. Certains sont allés jusqu’à briser des cadenas pour avoir accès aux compteurs et installer les Linky. Une chose est sûre, donc : il vaut mieux être présent lorsqu’ils débarquent.

Avant cela, vous aurez envoyé une lettre avec accusé de réception à Enedis-ErDF pour signifier votre refus. Certains, comme le collectif « No Linky Presqu’Ile de Quiberon », conseillent d’aller plus loin en faisant valoir votre opposition grâce à une signification d’huissier, laquelle doit se faire au siège d’Enedis-ErDF. Il vous en coûtera alors entre 60 et 90 euros, ce qui n’est pas rien. Des associations, des collectifs, des médias proposent sur leurs sites des modèles de courriers (1). Une fois que ceux-ci ont été envoyés, d’une façon ou d’une autre, collez-en une copie sur votre compteur actuel, de sorte que l’installateur ne puisse pas ignorer votre opposition.

Mais à quoi bon dépenser des sous pour envoyer des recommandés ou faire des significations d’huissier si Enedis-ErDF passe outre ? En cas de procès futur contre Enedis-ErDF, vous pourrez vous prévaloir de ces pièces et, qui sait, obtenir une décision vous permettant de garder votre compteur actuel, voire de vous faire retirer le Linky s’il avait déjà été installé. Cela s’est vu pour la première fois en novembre 2016. Une personne électrosensible (certificats médicaux à l’appui) a obtenu devant le tribunal d’instance de Grenoble qu’on lui enlève son tout nouveau compteur communicant d’eau. La décision de justice stipule que les Linky et Gazpar (pour le gaz) ne devront pas non plus être installés chez elle, ni aucun compteur « qui dégage des ondes électromagnétiques [ou] avec utilisation du CPL (Courant porteur en ligne Ndlr.) ». Si ce jugement, pris en référé, était confirmé, il serait très intéressant car il reconnaîtrait, de fait, que ces compteurs peuvent avoir des incidences sur la santé humaine. Par conséquent, sa portée se limiterait-elle aux seules personnes électrosensibles ? Ou est-ce que, au nom du principe de précaution, la justice reconnaîtrait à terme un droit à ne pas être équipé de compteurs communicants ? À ce jour, on en est loin. D’où la nécessité d’une résistance collective que nous allons aborder.

1 – www.robindestoits.org ; refus.linky.gazpar.free.fr/ ; www.stoplinkynonmerci.org ; www.priartem.fr etc.

Collectivement :

AU NIVEAU DE SON QUARTIER :

Faire de la sensibilisation, notamment grâce au kit de résistance proposé par l’association Next-up (autocollants, affiches, tracts etc.) ou – attention, publicité – en diffusant largement notre ouvrage Sexy, Linky ? qui résume les problématiques liées au compteur – fin de la publicité –, ou encore en organisant des réunions publiques. Comme nous l’avons vu plus haut, il est préférable d’être présent lorsque les installateurs viennent poser le Linky, sans quoi ils passent souvent outre votre refus. Si le quartier est hostile au compteur communicant, ils auront du mal à les poser en douce. De plus, vous aurez plus de poids pour faire valoir votre point de vue auprès de votre commune.

AU NIVEAU DE SA COMMUNE :

C’est un échelon pour résister (quoiqu’il ne dispense pas des démarches individuelles), puisque les communes sont les propriétaires des compteurs. Même si elles en ont la plupart du temps délégué la gestion à des syndicats intercommunaux, l’opposition officielle d’un conseil municipal ne peut pas être totalement ignorée. De plus, cela a un fort impact sur le plan médiatique, et cela favorise donc la propagation de l’information. Preuve, d’ailleurs, que ces prises de position ne sont pas anecdotiques : le zèle dont font preuve les préfets pour intimider les maires qui protestent. Vous trouverez facilement des modèles de délibérations à fournir à votre conseil municipal, notamment sur linky.gazpar.free.fr .

AU NIVEAU NATIONAL :

Vous pouvez toujours essayer de convaincre votre député, ou votre sénateur. Sait-on jamais, les élus nationaux de bonne volonté existent, mais ils devront être nombreux pour peser dans la balance. Lors du lancement du programme, la députée Laurence Abeille avait ainsi proposé un amendement pour permettre aux personnes qui le souhaitaient de refuser le Linky. Rejeté ! Vous pouvez aussi surveiller le lancement d’une pétition (1), l’une d’elle atteindra peut-être un niveau suffisant pour alerter les médias, pour contraindre les politiques à réagir, ou au moins pour faire parler d’elle.

1 – De grâce, ne lancez pas la vôtre ! Plusieurs pétitions ont déjà été créées sur le sujet, si bien que les signatures des opposants ont tendance à s’éparpiller. Vous trouverez aisément toutes ces pétitions sur Internet.

« Sexy, Linky ? », de Nicolas Bérard, 72 pages, couverture souple, 11x17cm,
4 euros.

Ce texte est également diffusé en version courte via une animation >>>www.lagedefaire-lejournal.fr/linky-comment-resister/