Stéphane Lhomme, conseiller municipal de Saint-Macaire et animateur du site http://refus.linky.gazpar.free.fr/ bien connu des opposants à Linky, est à l’origine d’une mobilisation programmée ce mercredi 22 mars devant la Maison de la radio. Ce sera le premier rassemblement « national » contre le compteur électrique prétendu « intelligent ».

Pourquoi avoir lancé le mot d’ordre d’un rassemblement d’opposants aux compteurs Linky le 22 mars à Paris ?

Stéphane Lhomme : J’ai tout simplement entendu à la radio le président de l’Association des maires, François Baroin, qui annonçait l’organisation d’une journée durant laquelle les maires de France allaient recevoir les candidats à la présidentielle. Dans le même temps, il indiquait qu’il souhaitait agir pour faire respecter le principe de la libre administration des communes. J’ai pris ça comme une invitation ! En effet, la libre administration est, justement, totalement bafouée à travers l’installation forcée des compteurs Linky. De plus, cette journée est organisée à la Maison de la radio. Ce sera donc non seulement l’occasion d’interpeller les maires, qui sont au cœur du dossier, mais aussi les médias.

Comment jugez-vous le traitement médiatique réservé à ce projet ?

SL : On a eu une salve de grands médias, il y a à peu près un an. Cette vague médiatique est depuis retombée. Seuls les médias alternatifs en parlent. Les médias locaux ont également pris le relais. Que ce soit en télé avec le réseau France 3, en radio ou dans les journaux régionaux, il ne se passe pas une journée sans que l’on parle de la création d’un collectif anti-Linky, d’une manifestation, de l’incendie d’un compteur ou d’une facture qui explose.

Mais, alors que ce qu’on appelle « la France des territoires » bouillonne, ça passe en dessous des radars des « grands » médias. Ce rassemblement peut être l’occasion de relancer la médiatisation de ce dossier. Nous espérons aussi qu’ils en parlent autrement qu’en reprenant les arguments commerciaux d’Enedis. Il faut qu’ils laissent s’exprimer la parole contradictoire, car nous avons de nombreux arguments pour justifier notre lutte, et pas uniquement au sujet des ondes, combat dans lequel on cherche souvent à nous enfermer.

Qu’en est-ils des candidats à la présidentielle, dont certains devraient être présents lors de cette journée ?

SL : Pour l’instant, il y a deux candidats ayant obtenu les 500 parrainages qui se sont prononcés contre le Linky : Nicolas Dupont-Aignan et François Asselineau… Ce ne sont pas exactement les partis politiques que nous avons l’habitude de fréquenter, mais la question des compteurs communicants concerne tout le monde, tous les milieux sociaux… Du côté de Jean-Luc Mélenchon, même si lui n’a pas pris position, je sais que l’une de ses proches, Danièle Simonnet [coordinatrice du Parti de gauche], est farouchement opposée au Linky. Nathalie Artaud, de Lutte Ouvrière, est également contre car elle a compris que c’est un programme fait pour servir les intérêts des grands patrons et non ceux des habitants. À ma connaissance, Benoît Hamon ne s’est pas prononcé. Quant à Macron, Fillon et Le Pen, je les vois très mal s’opposer au programme Linky. Mais pourquoi pas…

Combien de personnes attendez-vous ?

SL : C’est la grande interrogation… J’ai déclaré une manifestation pour 300 personnes en préfecture. Mais c’est très dur d’avancer un chiffre. Ce que je peux dire, c’est que lorsque j’ai lancé l’idée auprès des différents collectifs opposés au Linky, j’ai eu de très nombreuses réponses, très enthousiastes. Or j’ai une liste de plus de 200 groupes, liste évidemment non-exhaustive et sachant qu’il s’en crée de nouveaux tous les jours ! Après, la difficulté, c’est de savoir qui se déplacera ou pas. Car bien sûr, les collectifs sont éparpillés dans toute la France, et tout le monde ne pourra pas se déplacer à Paris. Je compte donc aussi beaucoup sur les collectifs de la région parisienne. On va dire que si on est une centaine, ce sera déjà bien. Mais on n’est pas à l’abri d’une très bonne surprise !

Infos pratiques : Rassemblement le mercredi 22 mars 2017,

de 11h30 à 15 heures, devant la maison de la Radio, 116 avenue du Pdt Kennedy, à Paris.